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Historique du Château de Waroux

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Avec l'accord et nos remerciements à Pascale Galhaut et Jean-Christophe Hubert, Co-auteurs de "Origines et histoire du Château de Waroux",
édité par la Commune d'Ans 

Document illustré en vente à l'administration communale d'Ans

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La Seigneurerie de Waroux

A la chute de l’Empire romain d’Occident, au Ve siècle de notre ère, des propriétaires de domaines se substituèrent à l’Etat devenu incapable de gouverner.
Ils assurèrent l’ordre et la sécurité dans les limites de leurs biens.
Près de leurs bâtiments seigneuriaux, ils firent bâtir une chapelle qui devint plus tard église paroissiale. Les manants installèrent leur masure autour de ces bâtiments, et ainsi, le village se constitua portant le titre de Seigneurie.


Durant l’Ancien Régime, l’organisation économique, sociale, religieuse et judiciaire dépendait du Seigneur qui était à la fois le propriétaire et l’autorité publique.
Comme propriétaire, le Seigneur avait un château, un château-ferme ou une maison forte, des terres de culture, un moulin banal, une brasserie banale et/ou un four banal avec obligation féodale pour les manants d’user de ces services à l’exclusion de tout autre (monopole d’Etat).
L’ancienne commune d’Alleur est le résultat de l’unification de trois seigneuries : Alleur proprement dite à laquelle vint s’adjoindre Hombroux en 1332 et Waroux en 1808.


A l’origine, la Seigneurie de Waroux ne faisait pas partie de la Principauté de Liège.
Waroux, seigneurie indépendante, devint un fief dépendant du Comté de Looz lorsque Breton le Vieux, d’Alleur, devint vassal du Comte de Looz.
Le comté recouvrait une grande partie du Limbourg belge actuel et même du Limbourg hollandais. Des documents de 1195 relatifs à la léproserie de Cornillon en attestent.


La seigneurie fut incorporée à la Principauté en 1365 lorsque le Prince-Evêque Jean d’Arckel s’empara du titre de Comte de Looz laissé vacant.

La Seigneurie d’Alleur-Hombroux quant à elle appartenait depuis 1332 au Chapitre de la Cathédrale Saint-Lambert, qui y exerça ses droits seigneuriaux jusqu’à la Révolution française.


Sous le Régime français, Waroux est rattaché à Alleur.

Le gouvernement français décide que  la maison et la ferme de Waroux feront partie du canton de Hollogne-aux-Pierres.
Le18 janvier 1808, Monsieur de Clercx de Waroux est maïeur d’Alleur.

 

Les possesseurs successifs de Waroux

Les Waroux : du 12e au 13e siècle

Breton le Vieux (XII ème s.).
Son sixième fils, Breton le Jeune de Waroux hérita ensuite de la seigneurie.
Il eut treize enfants et son fils aîné, Guillaume, devint à son tour seigneur de Waroux.
Parmi ses huit enfants, c’est son fils aîné, Guillaume « le jeune », héritier du domaine, qui nous intéresse.  C’est de son vivant en effet que commença la longue querelle entre son lignage et celui d’Awans. Il est cité comme écuyer, puis comme chevalier de 1293 à 1304.
Guillaume le Jeune n’eut qu’une fille, qui épousa en1298 Rasse III, Sire de Warfusée.
Ce dernier est cité avec le titre de seigneur de Warfusée, Henripont et Waroux.

Les Warfusée : du 14e au 15e siècle

La Seigneurie reste entre les mains des Warfusée durant les XIVe et XVe siècles.
En 1525, Agnès de Warfusée, l'héritière de la Seigneurie, épousa Richard de Mérode.
Ce dernier sera 4 fois bourgmestre de Liège. Il meurt en 1539, sa femme en 1561.
Ils eurent 14 enfants dont l’aîné Guillaume, reprit Waroux.


Les Mérode de Waroux : aux 16e  (1525) et 17e siècles

En 1623 ou 1624, Jean, le petit-fils d’Agnès de Warfusée et de Richard de Mérode, obtint de l’Empereur germanique Rodolphe que la Seigneurie fut érigée en Comté pour service rendu à l’Empire pendant la guerre de Trente ans.
Depuis, le chef de famille porte le titre de Comte du Saint Empire Germanique.
Le titre comtal du Saint-Empire germanique, des Mérode-Waroux, est sans doute à l’origine du titre de « Comte de Mérode » dont on n’a jamais retrouvé la trace dans les lettres patentes.

C’est de cette époque que datent les premières transformations destinées à faire de ce  château féodal une résidence de prestige digne d'un comte et d'une comtesse germaniques.
Il aura 13 enfants et son fils Jean, Général des armées impériales, hérite de Waroux.
A sa mort, son frère Eitel-Fréderic reprit le bien. Mort en 1674, il semble que ses 3 filles vendirent le bien suite à la faillite des Mérode.


Les Clercx de Waroux : aux 18e et 19e siècles.

Michel Clercx, chanoine de la cathédrale Saint-Lambert, acquit le domaine à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle.
Pour la première fois en sept siècles, le propriétaire n'était pas issu de la noblesse mais d'une famille bourgeoise de Hasselt enrichie dans le commerce des tissus.
En 1715, un des 13 enfants, Mathias lui aussi chanoine de la Cathédrale St Lambert,  achète le château d’Aigremont qu’il va le rebâtir «à la moderne».
Les Clercx, une fois anoblis, deviendront les « de Clercx ».
En 1808, la Seigneurie de Waroux est adjointe à celles d’Alleur et de Hombroux.
Alleur est, rappelons le, le résultat de l’unification de 3 seigneuries : Alleur – auquel vint s’adjoindre Hombroux en 1332 et Waroux en 1808.
En janvier 1808, un de Clercx est bourgmestre d'Alleur. La famille en comptera plusieurs dans cette fonction.
En 1904, les de Clercx s’installent à Aigremont en emportant tout le mobilier dont 3 portraits de chanoines.


Les familles de Terwagne (1904 - 1926) puis Everard de Harzir (1926 - 1986)

En 1904, le château est acheté aux Clercx par Marie de Terwagne qui décède en 1926 sans descendance.
Adèle de Harenne (1888-1982), épouse de Francis Everard de Harzir (1878-1940), hérite du château en 1926. Ils le restaurent et l’emménagent en 1927.
 Ils le conservent jusqu’en 1986 ; leur blason figure sur le donjon.
La Commune d’Ans l’a racheté, en date du 1er janvier 2005, au docteur Léon Janssis qui en était propriétaire depuis 1986.

 

Le Château de Waroux

Une origine imprécise

Le château, reconnaissable de loin par son élégante flèche élancée, ouvre les portes de la Hesbaye et en constitue le point culminant : 182 m d’altitude.
On a abandonné l’idée d’une origine romaine du château, qui s’appuyait sur sa forme spéciale rappelant celle d’un fort romain.
On pense qu’au début du Moyen-âge, il n’était qu’un simple donjon, une demeure forte bâtie sur un point haut de la Hesbaye, agrandi au fur et à mesure des possibilités financières du châtelain, par des constructions alignées en cercle ou plutôt en polygone irrégulier, autour d’une cour centrale. Cette implantation médiévale a été maintenue jusqu’à nos jours.

Le portail et l’accès au château

Le visiteur traverse une magnifique drève de tilleuls centenaires avant de découvrir le portail. Réalisé durant la première moitié du XVIIIe siècle, il se compose d’une grille en fer forgé aux armes des Clercx, flanquée de deux murs courbes et deux piliers de brique et calcaire surmontés de deux torchères.
Deux magnifiques pavillons du XVIIIe siècle sont édifiés de part et d’autre du chemin de pierre menant  au pont et à la porte principale du château.

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Le plan et l’aspect extérieur

Le château possède un plan polygonal irrégulier. La façade extérieure, particulièrement austère, est construite en grès et silex. Le bâtiment est couvert d’une haute toiture en ardoises, percée de petites lucarnes et complétée de hautes cheminées en brique.

On accède à la cour intérieure du château par une tour, originellement de plan circulaire. Elle a été rabotée en façade afin d’y plaquer un portique au XVIIIe siècle et de lui donner son plan ovale actuel. Cette tour est également d’aspect austère et construite dans les mêmes matériaux que les façades extérieures, grès et silex.

Ce plan polygonal est complété à l’ouest par un vaste donjon, surmonté d’une haute flèche à clocheton.

Les vestiges médiévaux

Le plan polygonal, les matériaux utilisés, l’élévation des façades extérieures et les bases de la tour d’entrée et du donjon sont à rattacher à l’époque médiévale, et plus précisément à l’ensemble des châteaux de notre pays, construits aux XIIIe et XIVe siècles.

Le château de Waroux semble avoir été édifié vers 1300, à l’époque du conflit avec les Awans.

Sa façade extérieure montre à plusieurs endroits des éléments caractéristiques de l’architecture défensive médiévale, comme notamment des meurtrières et les traces de douves aujourd’hui asséchées qui les entourent (les fossés furent asséchés en 1902 parce que les grenouilles faisaient trop de bruit sous les fenêtres des chambres).

D’autres châteaux de plaines édifiés vers 1300 en Flandre, dans le Brabant, le Hainaut, le Limbourg et la Hesbaye ont un aspect identique.
Ces châteaux de plaine étaient protégés par de larges fossés que l’on franchissait par un pont en bois facilement démontable ou un pont-levis que l’on remontait en un laps de temps très court. Dans un premier temps, les assaillants étaient donc obligés de franchir les douves. Mais là aussi existaient des solutions, même avant que l’artillerie lourde ne réduisit à néant l’efficacité des douves mêmes les plus profondes. Parfois, le fossé était comblé avec tout ce qui tombait sous la main des assaillants, y compris des arbres, des buissons et même les toitures des maisons ou de cabanes proches. Parfois le fossé était tout simplement asséché avec tous les moyens dont on disposait à l’époque, la durée des opérations n’ayant alors aucune importance.

Château de Beersel_______________Château de Horst

Mais une fois le fossé et le mur franchis, la mission de l’assaillant n’était pas terminée pour autant. Il lui restait encore à s’emparer du donjon où les occupants s’étaient retirés en vue de l’ultime bataille. Si de nombreux donjons furent détruits à coups de béliers, certains se révélèrent parfaitement imprenables.
Le plan du château de Waroux est notamment identique au château de Beersel, entre Bruxelles et Hal, également édifiée peu après 1300, et qui présente un plan en courbe irrégulière, par lequel il se rattache aux « Rundlinge » (plan polygonal irrégulier, voire elliptique développé en Allemagne occidentale). Le château de Beersel était pratiquement inexpugnable.

La forteresse de Waroux montre encore plus de similitudes avec le château de Horst, magnifiquement restauré, construit entre Aarschot et Tirlemont.
Il a la forme d’un polygone irrégulier entouré de douves et les bâtiments entourent une cour intérieure.
Sans rentrer dans les détails, le château de Waroux montre encore une structure proche des châteaux féodaux de Vêves sur le cours inférieur de la Lesse, de Laarne entre Gand et Alost, et de Wijnendale près de Torhout, dont le plan et les fondations remontent à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle.


La tour d’entrée médiévale modifiée au XVIIIe siècle

Le corps de la tour d’entrée, jadis circulaire, a été édifié vers 1300. Cependant, à l’occasion des travaux du début du XVIIIe siècle entamés par les Clercx, on rabote le côté oriental de la tour afin d’y placer un portail en pierre calcaire qui possède un arc cintré sous linteau droit ; la clé de l’arc porte les armes des Clercx. L’ensemble est surmonté d’un beau fronton triangulaire qui donne une belle majesté à l’accès du château.
Toujours au début du XVIIIe siècle, pour construire la chapelle, on a rehaussé la tour avec des briques et on y a percé deux vastes baies latérales pour éclairer le chœur. La construction se termine par un bandeau plat en calcaire de Meuse sous la corniche, et par une belle toiture elliptique surmontée d’un bulbe et d’une croix en fer forgé.


Les bases médiévales du donjon

Lorsque le visiteur pénètre dans la cour intérieure du château, il est impressionné par la lourde silhouette du donjon. Un bref examen montre immédiatement l’emploi de matériaux de construction différents, laissant envisager des interventions successives.

D’abord, la base du donjon, sur une hauteur de 3m20, garde des traces médiévales de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle. Les matériaux utilisés, grès et silex, sont identiques de ceux de la tour d’entrée et des façades extérieures du château. De plus, à l’intérieur du donjon, on descend quatorze marches pour atteindre la salle dite « d’armes ». Dans celle-ci, nous sommes 2m80 en dessous du niveau de la cour intérieure du château. L’examen de la salle d’armes montre que les murs ont été élevés avec les matériaux de l’époque médiévale, grès et silex. On aperçoit également une saillie à 1m20 du sol de la salle, et des arcs de décharge dans les parties supérieures des murs. Il est dès lors possible de déduire que le sol médiéval est approximativement à 2m en dessous du dallage actuel.

Les murs de la salle d’armes ont donc été édifiés vers 1300. La voûte, la colonne centrale et la partie supérieure des murs ont été reconstruites au XVIIe siècle lors de la modification du donjon. Cette voûte du XVIIe siècle est construite à partir quatre modules quadripartites retombant sur la colonne centrale. Les traces des arcs de décharge sur les murs permettent d’affirmer que la voûte médiévale se composait de deux modules quadripartites rectangulaires et allongés, sans colonne centrale. Une visite des caves montre aussi de nombreux vestiges médiévaux et l’utilisation caractéristique combinée du grès et du silex.


Depuis le jardin

On constate que le donjon possède trois façades différentes de celle visible depuis la cour intérieure. Les matériaux de construction sont le grès et le silex. Les trois façades du donjon, côté jardin, datent donc en partie des XIIIe et XIVe siècles.

Divers détails nous permettent d’affirmer que les Mérode de Waroux ont procédé à de nombreux travaux au XVIIe siècle, exclusivement portés sur le donjon, vraisemblablement en mauvais état et qu’il était impératif de mettre au goût du jour.

En conclusion, de nombreuses traces permettent d’affirmer que le donjon date en partie des XIIIe et XIVe siècles. Les Mérode de Waroux ont reconstruit complètement la façade de la cour intérieure sur les fondations médiévales et sur les murs de la salle d’armes.
Côté jardin, ils ont gardés les murs du Moyen-âge, mais les ont restaurés avec d’importants blocs de grès et ont percé plusieurs ouvertures. Les fenêtres ont été ensuite restaurées au XVIIIe ou au XIXe siècle avec des montants et linteaux en calcaire de Meuse.

Au XIXe siècle, la façade côté jardin du donjon a été complétée par un portique rectangulaire dont les colonnes doriques soutiennent un vaste balcon dont le garde corps en fer forgé est orné de l’aigle des Clercx.


Le parc

En contrebas du portique du XIXe siècle donnant sur le parc, proche des anciennes douves, se trouve une glacière sous tertre planté. La porte d’entrée s’inscrit dans une façade monumentale en briques rouges ornée d’une niche en pierre calcaire.

Dans le parc aménagé sur un dispositif paysager, les plantations forment un anneau décoratif au sud du château, avec de grands arbres dont les plus vieux sujets se trouvent en limite ouest. Vers l’est, un petit jardin ombragé permet de rejoindre l’avant-cour et les pavillons.

Dans l’anneau végétal ceinturant la grande surface gazonnée, parmi les sujets les plus importants, l’on trouve des châtaigniers, des érables sycomores panaches, des hêtres verts, pourpres et des tilleuls.

 

INTERIEUR du château

Un pont « dormant » de 3 arches assorti de superbes garde-corps précède le portail (ou poterne) 18 ème couronné d’un fronton triangulaire orné d’un blason (aigle des de Clercx).
Il y aurait eu un pont-levis.

Porche roman : Le passage couvert supporte la chapelle.

Cour intérieure :
Pavée ; hexagonale : composée de 6 pans assemblés en cercle.
Dominée par un haut donjon carré, datable du XII ème siècle et sommé d’une très haute toiture d’ardoises octogonale prolongée d’un clocheton ajouré (pour les guetteurs) et d’une flèche.
Le donjon reçoit une superbe horloge en ordre de marche aux armes des de Clercx.
Appartements : fin XVII ème – début XVIII ème s.
Façades en briques sur 2 niveaux, percées de nombreuses fenêtres à meneaux (montants et traverses qui partagent en plusieurs compartiments une fenêtre). Ces baies étaient jadis à croisée mais celles-ci ont été enlevées et certains seuils surbaissés.

Extérieur :
Balustrade extérieure : aigle des Clercx
Maçonnerie extérieure de silex : maçonnerie d’origine
Maçonnerie aveugle
A l’arrière, on voit, que les 3 niveaux supérieurs de la tour :
ont été remontés en briques au XVI ème siècle
ont été ajourés de baies (début XIX ème : baies percées à droite)
se sont vus adjoints un petit péristyle Empire durant l’époque napoléonienne.

La salle d’Armes :
On est ici dans la vieille tour couverte d’une flèche pyramidale surmontée d’un poste de guet.
La « salle d’armes » constitue le seul vestige médiéval. La cheminée n’est pas d’origine.
En réalité, les voûtes d’ogives en briques et tuffeau comme le pilier médian de cette salle témoignent d’une reprise en sous-œuvre au XVI ème siècle. 
La légende en fit la salle d’armes des sires de Waroux. Certains ont parlé d’une origine romaine (brique romaine).
Pièce au-dessus de la  Salle d’Armes :
Ce n’est qu’au XIX ème siècle qu’on ouvrit les baies donnant sur le parc.
Traces de balles visibles - Philippe Everard de Harzir a été très actif dans la résistance et le château a abrité des aviateurs alliés. (Cfr chapitre sur les guerres mondiales)
Chaises Louis Ghost, Louis XVI.

Les appartements :
Les appartements datent de la fin du XVII ème siècle et du début du XVIII ème siècle.
Quelques belles cheminées en carreaux de Delft bleu, avec le lion des Orange et des blasons dont celui de l’ordre de la jarretière – aigle des Clercx – blason du Prince Évêque 1695 (Joseph Clément ?) ainsi que certaines boiseries de style Louis XIV à l’époque des Clercx.

Salle de billard :
Décorée de toiles peintes par Lovinfosse, élève de Boucher, vers 1785.
Boucher (1703-1770) : peintre français qui passe 7 ans en Italie. 
A son retour en France, il est admis à l’Académie royale où il est professeur à partir de 1737.
En 1767, il est nommé premier peintre du Roi (Louis XV).
Lovinfosse a réalisé des peintures (début du papier peint) dans un certain nombre de demeures liégeoises – notamment à l’Hôtel de Sélys et à la maison Bribosia à Huy.
Motifs qu’il affectionne : les chinoiseries, les anges, les scènes champêtres.
Inspiré par Watteau.
Ici Lovinfosse reproduit le thème de l’air , de la terre, du feu et de la connaissance.
La fresque a été abîmée par les Allemands durant la deuxième guerre mondiale (recherche de caches de Juifs).
Derrière le panneau,  un autel monté sur charnière qui permettait, à l’époque de la révolution française, de dire la messe en toute discrétion.
Cheminée de style Louis XIV pour le dessus (comme à Aigremont).
Tapis d’éternité (plaquettes de schistes qui absorbent la chaleur et la restitue).

La Chapelle :
Ce sont les Clercx qui ont fait construire la chapelle seigneuriale à l’étage du portail.
Aménagée au XVIII ème siècle, elle est décorée de rares peintures en trompe-l’œil, pareilles à celles de la cage d’escalier d’Aigremont.
Notez que dans cette cage d’escalier on peut voir une peinture du château de Waroux.
Elles sont attribuées à Charles Delloyes de Huy.
Le peintre était un spécialiste ème (?) des vues perspectives et autres paysages.
D’origine Hutoise, il avait fait le classique voyage d’Italie et séjourné notamment à Venise et à Rome où il s’était marié. Il était revenu dans sa ville natale en 1699. Il devait mourir en 1739, à l’âge de 65 ans.
C’est un artiste connu pour les travaux qu’il exécuta pour des particuliers à Liège et pour des institutions monastiques comme l'abbaye St Gilles.
Autel avec reliques en pierre (récent) ; toile centrale à enlever ; élément doré avec feuille d’acanthes à garder.
Armoiries des Clercx au plafond (6 fois).
Aux fenêtres : carreaux anciens (bulles d’air).

Chasse :
Comme dans les châteaux et les exploitations agricoles importantes durant les années de l'entre-deux-guerres, on organisait, en automne, des rendez-vous de chasseurs. Les frères, cousins, amis et connaissances des châtelains étaient présents.

L'organisateur se devait de bien recevoir ses hôtes, de faciliter l'exercice de la chasse, ceci, à charge de revanche. Aussi préparait-on, durant la semaine précédente, tout le nécessaire pour une fête réussie : armes, chiens traqueurs, nourriture copieuse, boissons diverses pour rassasier les participants après la chasse.
Le château de Waroux n'échappait pas à la coutume, aussi, Pol le garde-chasse attitré, en fonction l'année durant, se mettait-il en quête, à Alleur et dans les communes environnantes, de " traqueurs " que les marches à travers champs et prairies, parfois par mauvais temps, ne rebutaient pas.

Le déroulement de la traque était immuable : les traqueurs armés d'un gourdin et distants l'un de l'autre de 10 à 15 m formaient un cercle assez vaste. Aucun animal ne pourrait sortir de ce cercle. Les chasseurs étaient alignés non loin de là. La battue pouvait commencer. Le coup de sifflet d'un chasseur signifiait que les traqueurs pouvaient avancer d'un mètre, restreindre ainsi le cercle formé et obliger les lièvres, faisans ou grives à se réfugier dans un espace de plus en plus limité. A un moment donné, un chasseur plus expérimenté décrétait que le moment était venu de sacrifier les bêtes rassemblées dans le cercle des traqueurs. Les chasseurs ajustaient leur tir et sacrifiaient les malheureuses bêtes prises au piège.

Quelle hécatombe, quel triste tableau ! On comptait parfois jusqu'à 150 bêtes sacrifiées lors d'une seule battue.
Chaque invité avait son lot de gibier et chaque traqueur après avoir bu un verre de vin pouvait prélever un lièvre pour son ménage. Comme nous l'avoua Célestin  SCHOEF, qui était souvent du lot et en profitait pour faire la cour à la fille du garde-chasse, " Parfois, un ou deux traqueurs, amateurs de gibier, dissimulaient un ou deux cadavres dans les herbes hautes, sous une haie ou autre cachette. Plus tard, dans la nuit noire, ils venaient récupérer leur larcin à l'insu de tous ".
Le gibier destiné au châtelain était transporté en cave, la gorge trouée par un crochet de boucher et pendu le long d'une tringle tendue d'un mur à l'autre. On ne préparait un lièvre pour le repas que lorsque sa viande était faisandée, c'est-à-dire qu'elle commençait à se décomposer, ceci pour lui faire acquérir un fumet pénétrant. Souvent des vers grouillaient dans la chair du gibier. On ne mangeait pas les vers mais la viande de lièvre était délicieuse.

En 1944-1945, des soldats américains séjournèrent à Xhendremael. De temps à autre, ils allaient à la chasse au lieu-dit " Fond de Waroux ". Ils étaient friands des perdrix et étaient très adroits au tir. Ils capturaient aussi les lapins et les lièvres ….. au lasso.

 

Ligne du temps de l’histoire et la construction du château de Waroux

XIIe siècle
Breton le Vieux, deuxième fils de Hugues de Lexhy, est seigneur de Waroux.
On pense que le château n’est qu’un simple donjon bâti sur un point haut de la Hesbaye.

1298
Début de la bataille des Awans et des Waroux.

Charnière des XIIIe et XIVe siècles
Construction du donjon, de la tour d’entrée et des ailes polygonales. On conserve des vestiges : la base du donjon sur une hauteur de 3m20, les trois façades du donjon côté jardin, les murs de la salle d’armes, la base de la tour d’accès et la façade des ailes.

XIVe et XVe siècles
La Seigneurie de Waroux devient la possession des Warfusée.

1335
Fin de la bataille des Awans et des Waroux.

1525
Agnès de Warfusée et Richard de Mérode sont propriétaires de Waroux.

Début XVIIe siècle
Première restauration et reconstruction du donjon. Les Mérode de Waroux reconstruisent complètement la façade de la cour intérieure sur les fondations médiévales et sur les murs de la salle d’armes. Côté jardin, ils gardent les murs du Moyen-âge mais les restaurent avec d’importants blocs de grès. Les angles des façades sont harpés et percés de plusieurs ouvertures. Dans la salle d’armes, construction de la voûte, la colonne centrale et la partie supérieure des murs.

1623 ou 1624
Jean de Mérode, obtient de l’Empereur germanique Rodolphe que la Seigneurie de Waroux soit érigée en Comté.

1645
Reconstruction de la ferme.

Fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle
Michel Clercx achète le domaine de Waroux.

1717
Mathias Clercx, chanoine de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, reconstruit entièrement le château d’Aigremont.

Vers 1720
Les Clercx entreprennent la restauration de Waroux. Ils mettent seulement au goût du jour les façades entourant la cour intérieure. Ils décorent les majorités des salons et entreprennent la construction de la chapelle au dessus du porche d’entrée. Décoration des salons, de la chapelle et de la salle « Saint Hubert ». Construction du portail d’entrée, des deux pavillons, restauration et édification des charpentes. Ils font raboter la façade de la tour d’entrée afin d’y plaquer un portique.

1724
Les Clercx font construire un porche à l’entrée de la ferme.

1765
Saumery décrit le château de Waroux dans ses Délices du Pays de Liège.

Fin du XVIIIe siècle
Décoration de la salle « Lovinfosse » et de la salle des mariages.
 
Début du XIXe siècle

Restauration des baies du donjon  avec des montants et linteaux en calcaire. La façade côté jardin du donjon est complétée par un portique rectangulaire dont les colonnes doriques soutiennent un vaste balcon.

XIXe siècle
Les croisées de plusieurs fenêtres sont enlevées. Plusieurs baies gardent leur structure du XVIIIe siècle.

1808
La Seigneurie de Waroux est adjointe à celles d’Alleur et de Hombroux.

1904
Le château est acheté aux Clercx par la famille de Terwagne. Les Clercx s’installent à Aigremont en emportant tout le mobilier.

1926
Adèle de Harenne, épouse de Francis Everard de Harzir, hérite du château.

1927
Les Everard de Harzir restaurent et emménagent le château. Dans la cour centrale du château, afin de couvrir l’entrée de la salle d’armes, ils construisent un édicule en brique, calcaire et grès.

1940
Début de la seconde guerre mondiale. La tragédie frappe les châtelains de Waroux.

1944
Une partie des bâtiments de la ferme est incendiée par les Allemands en retraite.
 
1986
Le docteur Léon Janssis est propriétaire du château.

2005
La Commune d’Ans achète le château de Waroux le 1er janvier.

 

La Guerre des Awans et des Waroux

On ne peut parler de Waroux sans évoquer l’important conflit qui opposa, de 1298 à 1335, deux puissants lignages historiques : les Awans et les Waroux.
Nous sommes, ici, en présence d’une de ces guerres privées si fréquentes au Moyen-Age.
Depuis, le IX ème siècle, la « Loi Charlemagne » garantissait aux nobles l’impunité en cas de crime. Le « Serment d’innocence » suffisait pour les disculper. Cela autorisait tous les abus.

La noblesse s’arrogeait le droit de faire justice elle-même ; d’où des guerres civiles continuelles.
Ajoutez à cela que l’amour de la guerre était en ce temps-là une des passions dominantes des familles nobles. La gloire militaire était des plus appréciées et « Probus » ou Preux (courageux) est le surnom le plus élogieux pour un chevalier.
La moindre injure, et les nobles étaient très susceptibles, servait de prétexte à un recours aux armes.  Plutôt que de porter plainte devant la cour de justice du Prince, on se lançait dans de sanglantes guerres privées.

La politique des Princes fut d’essayer d’assumer la paix publique en tentant d’enrayer ces conflits atroces par différents moyens et notamment par des « trêves de Dieu » (interdiction, sous peine d’excommunions, de combattre pendant un certain temps) ou des quarantaines (interdiction de se battre pendant quarante jours).
A ce caractère de guerre privée vinrent s’ajouter, dans le cas de la guerre des Awans et des Waroux, deux autres formes de conflit : une guerre sociale, car elle contribua à l’écrasement du parti aristocratique dans la Principauté de Liège, et une guerre civile car toutes les classes sociales y participèrent.
Les Princes Evêques essayèrent plusieurs fois d’arrêter le massacre mais ce ne fut qu’en 1335 que l’on parvint à enrayer ce conflit meurtrier par la « Paix des Lignages » aussi appelée « Paix des Douze ».

Mais quelle était l’origine de cette guerre ?
Les Awans et les Waroux étaient deux très puissantes familles de Hesbaye. Les terres des deux seigneurs étaient voisines. Tous deux étaient fiers et hautains ; ils ne pouvaient donc rester longtemps en paix.
Le prétexte du déclenchement de la guerre des Awans et des Waroux fut le mariage secret de Hanneceau de Waroux avec la jeune orpheline Adèle Poret du village d’Awans. Cette jeune fille était, selon un chroniqueur contemporain, de condition servile mais riche en meubles et héritages. Humbert Corbeau, seigneur d’Awans, la destinait à un de ses amis ; aussi la réclama t-il en vertu de ses droits féodaux à Guillaume le Jeune, chef du Lignage de Waroux. Celui répondit qu’elle était franche (libre) donc qu’elle pouvait épouser qui il lui plaisait.
Ce fut l’origine de cette guerre sanglante qui allait déchirer la Hesbaye pendant près de quarante ans. Devant le refus du seigneur de Waroux, les Awans tentèrent d’enlever la serve.

Hanneceau et sa femme, informés des intentions des Awans, se réfugièrent derrière les murailles du château de Waroux. Fous de rage, les Awans incendièrent les moulins et les brasseries de Waroux et ravagèrent leurs terres.
La violence de ces représailles mit les Awans hors la loi. En effet, le droit de brûler les biens pour punir des fautes graves était réservé à l'évêque. Le lignage de Waroux adressa à l'évêque Hugues de Châlon une plainte écrite. Les troupes de l'évêque s'en prirent alors aux alliés d'Awans, attaquant la tour de Hozémont puis le château de Hognoul.

Il va sans dire que l'intervention épiscopale n'était pas complètement désintéressée.
L'évêque désirait maintenir ses prérogatives juridiques mais aussi mater les familles hesbignonnes toujours en état de révolte latente.
Les Awans comprirent qu'il ne servait à rien de résister à l'évêque allié, pour l'heure, aux Waroux. Aussi décidèrent-ils de s'amender. L'amende honorable fut publique, spectaculaire et bien conforme au goût du moyen âge pour l'image et l'exemple.

Le jour de Pâques 1298, les Awans se rendirent de l'église de Saint-Martin à celle de Saint-Lambert à Liège, pieds nus, en chemise et portant sur la tête une selle de cheval. Cette peine, rarement infligée, était considérée comme particulièrement infamante et déclencha les quolibets des Waroux et de leurs partisans.
Le spectacle de l'amende fut suivi, peu après, par celui du combat singulier qui opposa, devant l'évêque, l'écuyer de Waroux au seigneur de Hognoul, accusé d'avoir rompu la trêve imposée aux deux parties par le prince-évêque.

Vainqueur, le seigneur de Hognoul fut disculpé. Il était en effet hors de doute pour l'homme du moyen âge que celui qui triomphait dans un combat singulier, n'ait été aidé par la main de Dieu. Mais son adversaire avait du attendre longtemps sous le soleil, et quand le seigneur de Hognoul triompha, on l'accusa d'avoir enfreint les règles de la chevalerie en laissant attendre son adversaire en armure sous un soleil de plomb.
Malgré l'amende honorable du lignage des Awans, le conflit ne cessa de s'envenimer et chaque parti chercha à se faire de nouveaux alliés.
Première bataille rangée entre Awans et Waroux à Loncin en 1298.

Ensuite le conflit s'intégra dans un contexte plus général de guerre civile et de tensions entre le pouvoir ecclésiastique, la Cité (les bourgeois) et la noblesse.
Les corporations et les bourgeois de Liège étaient soutenus par les Awans aidés de la ville de Waremme tandis que la noblesse pouvait compter sur les Waroux aidé de la ville de Huy, des comtés de Looz et de Namur. Il y aura toute une série d’épisodes sanglants ; Gobert cite le chiffre énorme pour l’époque de 32.000 morts au cours de cette guerre, sans compter les pertes matérielles.

Le 13 mai 1335 est signée la Paix des Douze ainsi nommée parce que les chefs des deux factions étaient au nombre de douze (six pour les Awans et six pour les Waroux).

La chevalerie liégeoise avait pratiquement disparu, détruite par elle-même dans cette guerre intestine.


Le château de Waroux et les deux guerres mondiales

Première guerre mondiale

Parc aux hautes futaies à l'ombre desquelles s'étalent les débris du fort de Loncin.
On peut s'interroger pour savoir comment le clocheton effilé a pu échapper au formidable bombardement de Loncin.
Le poste de guet de la tour servit jusqu'à deux jours de l'explosion tragique, du poste d'observation du fort. Un seul obus tomba près du corps de logis sans l'endommager.

Mais par la suite la demeure dut subir le pillage des Allemands.
Rien ne fut épargné : meubles, tapisseries, escaliers, planchers.
Lors de l'explosion du fort de Loncin, le 15 août 1914, le château de Waroux a hébergé des soldats belges blessés ou non qui s'étaient échappés de la fournaise.


Deuxième guerre mondiale

Domaine mis à l'honneur lors de la seconde guerre mondiale.
Centre Germinus de l'Armée Blanche (point de départ de l'évacuation des pilotes alliés tombés dans la région). Le château abritait à la fois des pilotes alliés et des juifs
Occupé par une unité médicale allemande en 1940, puis résidence de femmes allemandes.
A la libération, occupé par les Américains qui étaient partout.

Le 31 mai 1944, un avion américain est touché par un avion allemand piloté par un Alsacien (avion tombé à Sart-Saint-Laurent au SO de Namur). Il compte 9 hommes à bord, tous tombés en parachute entre Waremme et Hannut (aussi à Boirs). Quatre sont faits prisonniers, quatre récupérés par la résistance et un dont on ne connaît pas le sort. Lors de leurs périples, ils logèrent 6 jours à Waroux et furent nourris par la ferme de Waroux.
Lorsqu'un d'entre eux est revenu 50 ans plus tard (juin 1994), il visita pour la première fois le château dans son entièreté car pendant la guerre il n'avait connu du château que la façade arrière et le bosquet vers Awans.

Le pilote alsacien qui l'avait abattu était aussi présent (tout un symbole).
Le docteur Janssis les reçoit avec vin et champagne. Beaucoup d'émotion de part et d'autre.
Pendant la seconde guerre mondiale, la tragédie va frapper les châtelains de Waroux : le père Everard de Harzir, évacué le 10 mai 1940, meurt d'une crise cardiaque à Woluwe-saint-Lambert ; le fils Alain tombe au cours de la bataille de la Lys à Passendaele ; le fils Philippe est abattu sauvagement par un Allemand le 4 septembre 1944 ; un autre fils gravement malade par fait de guerre, est handicapé à vie.

Les caves du château vont accueillir les familles de la ferme et du personnel lors des périodes de passage des robots.
En 1940-1945, le château a encore abrité des jeunes gens appelés au travail obligatoire en Allemagne.

 

La ferme de Waroux

Dans le passé, la ferme assurait la survie du château. De quand date t-elle ? Sur le mur, en façade de la maison d’habitation, on trouve la date de 1645. Il s’agit sans doute de l’année de réfection du bâtiment qui devait être bien antérieure à cette période.
Ce qu’on a pu trouver comme archives au sujet de Waroux concernait surtout le château et non la ferme. La première trace écrite remonte au XVIIIe siècle. Les bâtiments ruraux sont mentionnés, en plus du château, sur une carte de la dîme du chapitre de Saint-Lambert.
On pénètre dans la ferme par un porche colombier portant l’emblème des Clercx et le millésime 1724.

A l’origine, l’élevage ovin occupait la plus grande part des activités, ce qui explique l’étroitesse du porche, et des étables. Le bétail bovin et porcin remplaça les moutons au début de notre siècle. En même temps, la betterave sucrière prenait toute son importance.
On sait que vers 1930, quinze à seize domestiques étaient attachés à la ferme. C’était des valets, des vachers et des servants. Dix d’entre eux logeaient sur place, les autres venaient du village.

Pour la moisson et l’arrachage des betteraves, on faisait appel à une trentaine d’ouvriers. C’était surtout des Flamands de la région de Diest et de Montaigu que l’on désignait sous le nom de Turcos.
La vie quotidienne dans les fermes de Hesbaye…
Une journée en Hesbaye ne se passait pas de la même manière pour tout le monde.  Elle différait suivant la position qu’on occupait dans la famille ou dans la société.
Les grandes fermes étaient les seules à pouvoir employer et payer un personnel domestique permanent nombreux pour lui assigner un rôle très précis, structuré pour un horaire strict.

Ailleurs, c’était souvent la famille qui s’organisait en calquant de manière très personnelle le modèle des censes du village. Les moyens n’étaient pas les mêmes partout. Beaucoup de petits fermiers « mettaient la main à la charrue ». Certains n’avaient pour tout attelage qu’une paire de bœufs, voire une seule vache.
Dans les exploitations cultivant un minimum de cinquante hectares, il existait une hiérarchie du personnel et des tâches exercées dans des temps impartis. Le nombre des domestiques variait très fort suivant l’importance du cheptel et l’étendue du patrimoine foncier.  On trouvait souvent une servante, plusieurs vachers et un « varlet » par équipage de trois.

Extrait de Hesbaye liégeoise,Pierre Mardaga Editeur, Coll. Architecture rurale de Wallonie, 1986, p. 73

Une partie des bâtiments fut incendiée par les Allemands en retraite, en septembre 44. Classée en 1977, la ferme est restaurée neuf ans plus tard : rejointoiement des briques avec mortier selon les recettes du XVIIIe siècle, remplacement des pierres de taille cassées ou fêlées et des tuiles par des ardoises.

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